Rencontre avec Gérard Courrèges du Domaine Vaccelli

Portrait du vigneron Gérard Courrèges du Domaine Vaccelli, au sud de l’appellation Ajaccio, sur les arènes granitiques de la vallée du Taravo. NB: Vaccelli, c’est le petit nom de leur plus grande parcelle.

Le Domaine Vaccelli en quelques mots ?

Le Domaine Vaccelli… je dirai : Sciaccarellu & sélection parcellaire. On est un des rares domaines avec 5 cuvées de sélections parcellaires en 100% Sciaccarellu ! Juste Ciel, Unu, Vaccelli, Granit, et 174.

Pour mettre en évidence les sélections parcellaires, on a choisi de mettre la même durée d’élevage pour l’ensemble de ces cuvées de Sciccarellu. C’est-à-dire que de Juste Ciel jusqu’à 174, on est sur le même millésime. Donc quand on déguste les 5 cuvées, on a le même cépage, le même millésime, ce qui permet de vraiment identifier et comprendre l’identité de chacune de nos parcelles. Et là ça devient intéressant. C’est le travaille à la bourguignonne.

Ton livre de chevet sur le vin ?

Je n’ai pas réellement de bouquin. Par contre je passe mon temps à faire des recherches sur internet. Par exemple là, ça fait quelques mois que je me suis décidé à approfondir réellement les cartes des crus bourguignons. Je me documente pas mal sur monocépage.com, le site est précis, bien documenté et les cartes sont belles.
J’essaye de comprendre, de m’expliquer les différences qu’il peut il y avoir entre les différents terroirs. Pourquoi est-ce qu’il y a autant de crus, de lieu-dit, de petites parcelles… ?

On mange quoi avec ta nouvelle cuvée Sirocco ?

Alors là c’est un peu plus compliqué ! Comme c’est la première année qu’on le sort, pour le moment au niveau accord mets et vins on est pas trop calé ! Mais je verrai bien un crustacé, ou carrément un chapon. Ou alors des petits rougets de roches !

Une de vos dernières expérimentations à la vigne ?

On fait des surgreffages sur des vieilles vignes de cépages méditerranéens, avec du vermentinu ou sciaccarellu. Ce qui est extrêmement intéressant, c’est que ce sont les vieilles vignes de notre grand-père, on garde leur enracinement, et on greffe nos cépages corses. On gagne soixante ans de qualité de vin.

Ton passe-temps favori ?

Le golf ! C’est un sport qui me libère complètement la tête. Tu es obligé d’être extrêmement concentré sur ce que tu fais. On n’est pas vraiment une région golfique mais on a deux très beaux golfs dans le secteur, celui de Murtoli et Sperone à Bonifacio.

La cuvée dont tu es le plus fier ?

Te dire 174 ce serait tellement facile ! Parce que c’est évident, c’est une très belle bouteille. Mais je dirai plutôt le Vaccelli. Parce que c’est facile de faire des grandes cuvées, tu sélectionnes la plus belle parcelle, tes plus belles barriques… Mais Vaccelli ça reste ma vraie fierté.

Une autre région viticole où tu aurais pu être vigneron ?

La Champagne ! Je suis un très gros amateur de champagne. Ça fait parti d’un de mes budgets les plus importants d’ailleurs. Je dois être aux alentours de 160 bouteilles par an, et sans compter les restaurants, les soirées etc !

Je trouve qu’il a une dynamique intéressante dans cette région. Tu as plein de jeunes grands vignerons, comme J-M Sélèque ! C’est une région qui m’amuserait énormément. Peut-être même sur du négoce, en m’amusant à faire des vinifs et des élevages. C’est dans un coin de ma tête, dans la case « sérieux ». Mais pour l’instant c’est le temps qui me manque.

La cuvée pour laquelle tu n’étais pas serein pour son premier millésime ?

Ah ! Granit sans hésitation ! J’ai fait pas mal d’essais et de dégustations avec Nicolas Stromboni avant de sortir cette cuvée. Après une énième dégustation, Nico m’a dit « pour celle-là, il faut que tu tapes fort, il faut que tu la vendes à 20 euros ».

On était sur le millésime 2004, et à cette époque, ce niveau de prix n’était pas rependu en Corse ! Donc pour les premières dégustations, même si je savais ce que j’avais dans la bouteille, j’étais pas très serein. Bon, cette hésitation est très vite passée quand j’ai vu l’engouement. Mais pour être honnête ça a quand même été des moments où j’ai mal dormi !

La dernière belle découverte en vin corse ?

Tarra di Sognu, le blanc de Yves Canarelli sur Bonifacio. J’en ai ouvert une bouteille la semaine dernière avec mon responsable de cave. Franchement, c’est une très très grosse quille ! D’autant plus que ce sont encore des jeunes vignes. J’ai été impressionné !

Le nom de cuvée pour lequel tu es parti le plus loin dans ta créativité ?

Appeler une bouteille « Juste Ciel », il faut quand même y aller ! Encore une idée à la Nico Stromboni. C’est une histoire entre nous deux, une petite soirée un peu arrosée, et on rigolait autour de la phrase « Juste Ciel ». Quand j’ai sorti ce vin en IGP, un matin Nico m’appelle et me dit, « j’ai trouvé deux noms pour la cuvée ! Juste à boire ou Juste Ciel ! » J’éclate de rire et je dis allez, JUSTE CIEL !

Et là si tu devais ouvrir une bouteille après cette itw, ce serait quoi ?

J’ai reçu il y a pas longtemps mon allocation de Dujac en Bourgogne. Et je te garanti que là depuis 5-6 jours j’ai une très grosse envie d’un beau Bourgogne. 


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